Le FPL soutient la plainte déposée par une famille de victime de l’attentat de Trappes ainsi que toutes les actions menées pour débrancher CNews de la TNT.
Arié Alimi, avocat d’une des victimes de l’attentat raciste de Trappes a annoncé, vendredi 30 octobre, le dépôt d’une plainte par la famille de cette victime. Elle vise Marine Le Pen, candidate RN à l’élection présidentielle, Jordan Bardella, président du RN et la société éditrice CNews pour « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste à caractère raciste ».
« Ce qu’il ressort de la personnalité du tueur, c’est qu’il s’est endoctriné en regardant les émissions à longueur de journée de CNews, qui n’est plus une chaîne d’information mais une chaîne d’opinion raciste au sens propre du terme », a justifié l’avocat Arié Alimi, lors de cette conférence de presse, qui avait lieu avant le rassemblement de Trappes, en hommage aux victimes.
Pour reconnaître la responsabilité pénale de la chaîne pour avoir « armé idéologiquement » le tueur, l’avocat se fonde sur une jurisprudence de la Cour d’Appel de Paris dans l’affaire de l’assassinat de Samuel Paty. Les initiateurs de la « fatwa numérique » à l’encontre du professeur avaient été lourdement condamnés en justice pour avoir « préparé les conditions de la commission d’une infraction terroriste au nom de la religion en livrant l’identité […] et la localisation […], en le désignant comme cible identifiable sur les réseaux sociaux et a ainsi, sciemment, accepté de s’associer, de fait, à un ou plusieurs individus susceptibles de commettre une infraction terroriste ».
La plainte précise que, « depuis plusieurs années, le service CNews diffuse de manière récurrente des propos désignant les personnes noires, maghrébines ou musulmanes, et les quartiers populaires où elles vivent, comme une menace pour la Nation », la ville Trappes, présentée par la chaîne comme le symbole d’un territoire de « France perdue ».
Plusieurs organisations antiracistes, (LDH, MRAP, la Maison des Potes, SOS Racisme) ont annoncé se constituer partie civile dans le dossier d’instruction de l’attentat qui a frappé les villes de Trappes et de La Verrière.
Le dépôt à venir d’une requête devant l’autorité de régulation de l’audiovisuel, l’Arcom, initiée par Reporters sans frontières (RSF), afin de demander la suspension de la chaîne, a été également annoncé.
Dans le même temps, une pétition sur le site de l’Assemblée nationale demandant la fermeture de CNews réunit à l’heure actuelle plus de 800.000 signatures. Ce type de pétition citoyenne peut faire l’objet d’un débat dans l’hémicycle à partir de 500.000 signatures. Mardi, une réunion du bureau de la commission des affaires culturelles et de l’éducation a été convoquée, pour évoquer le sujet.
Trois démarches pour expulser CNews
Le FPL soutient toutes ces démarches et se tient aux côtés des organisations, des associations et des citoyen·nes, puisque les mises en demeure et les 830 001 euros de sanctions de l’Arcom ne changent rien.
Devant l’atonie des pouvoirs publics, le FPL répète : il ne s’agit pas ici d’un sujet de liberté d’expression, mais bien d’une question de droit. Il est grand temps d’expulser CNews de la TNT.
Tous les jours, CNews détruit notre débat public. Tous les jours, sur les plateaux de la chaîne, même au lendemain de l’attentat de Trappes, les chroniqueurs provoquent à la haine et enchaînent les propos racistes. Tous les jours, en clair, tout le monde peut écouter des personnes insister sur le climat de guerre civile dans lequel le pays serait plongé. Tous les jours, CNews produit de l’opinion, mais jamais de l’information. Tous les jours, CNews contrevient au cadre réglementaire qui conditionne son droit de diffusion sur la TNT.
Depuis sa création, le FPL encourage un journalisme d’intérêt public, qui rejette les injustices et toute forme de discrimination. Par cet engagement, inscrit dans ses statuts, le FPL n’a cessé d’alerter sur le danger démocratique que représente CNews.