Parce que nous savons le danger mortel que représente l’extrême droite pour la liberté d’informer, nous combattons résolument le Rassemblement national et sa candidate Marine Le Pen. « Présidentielle 2027 : six mois pour ne pas sombrer » : le FPL lance un ambitieux appel à projets d’enquêtes et de reportages sur la campagne présidentielle 2027.
Le Fonds pour une presse libre n’a qu’une mission : défendre l’indépendance du journalisme, la liberté et la qualité de l’information. Défendre un journalisme debout, donc, libre, pluraliste, au service des citoyennes et citoyens. Avec cette responsabilité particulière qu’ont les journalistes : contribuer à organiser le débat public, enrichir par leurs informations la « conversation » démocratique de la société toute entière pour permettre à chacune et chacun de faire des choix éclairés et de voter en toute lucidité.
Pour ces raisons, le FPL ne peut pas rester à l’écart de la campagne électorale présidentielle qui débute en ce mois de septembre 2026 et s’achèvera en avril 2027. Cette élection, osons le mot, est historique.
L'extrême droite, un danger pour la liberté d'informer
Pour la première fois depuis 1945 et la Libération, c’est une candidate d’extrême-droite, Marine Le Pen, qui est donnée favorite. Favorite depuis des mois, malgré sa lourde condamnation en appel pour détournements de fonds publics et complicité (3 ans de prison, dont 2 ans avec sursis, 100.000 euros d’amende, et 45 mois d’inéligibilité, dont 30 avec sursis). Largement favorite aujourd’hui encore, face à une droite éclatée et à une gauche fracturée.
Le FPL n’est ni un parti politique ni un groupe militant. Il ne soutient aucun·e candidat·e à l’élection présidentielle. En revanche, parce que nous savons le danger mortel que représente l’extrême droite pour la liberté d’informer, nous combattons résolument le Rassemblement national, sa candidate Marine Le Pen, ainsi que tous les groupuscules ultras et néo-fascistes qui gravitent autour de ce parti.
Depuis des années, et comme Jean-Marie Le Pen le faisait auparavant, la direction du RN, ses militants et ses élus menacent les médias indépendants. Procès à répétition (généralement perdus) ; interdictions de journalistes ; listes noires de journalistes ; campagnes de harcèlement sur les réseaux sociaux ; injures et chasses en meute.
Le RN et ses affidés détestent le journalisme indépendant. Ils détestent aussi l’audiovisuel public, ce bien commun qu’ils veulent ou privatiser ou réduire à un média d’État, comme Viktor Orban avait su le faire en Hongrie.
Chaque année, les députés – Marine Le Pen est leur cheffe de groupe, déposent des amendements : hausse de la TVA sur la presse, coupes ou suppressions des aides publiques, fin de la déductibilité fiscale pour les dons à la presse. C’est aussi avec de l’argent public -au nom de la « protection fonctionnelle »- que des maires et élus du RN financent des procédures-bâillons contre des médias indépendants locaux qu’ils veulent épuiser et réduire au silence.
Deux saisons d'enquêtes des médias indépendants
A ces raisons, dont l’enjeu est le droit de toutes et tous à une information libre, s’en ajoutent d’autres, énoncées dans les statuts du FPL. Le journalisme que nous défendons s’ancre sur un socle de valeurs ainsi définies dans le préambule de nos statuts : « Promouvoir un journalisme d’intérêt public, portant des valeurs humanistes, démocratiques et sociales, au service du bien commun, de l’égalité des droits, du rejet des discriminations et du refus des injustices ».
Dès juin 2024, le FPL a été l’artisan avec une centaine de médias indépendants d’une mobilisation inédite visant à constituer un « front commun des médias contre l’extrême droite ». « L’enjeu est de préserver la possibilité même d’une presse indépendante du pouvoir politique, pluraliste, avec des journalistes exerçant leur métier en toute liberté. Sans presse libre, pas de démocratie », écrivaient les signataires de cet appel soutenu par le FPL.
Dans la foulée, en novembre 2024, le FPL lançait un appel à projets « Extrême droite, enquêter, révéler, démonter » visant à produire de nouvelles informations sur les diverses mouvances et acteurs des droites extrêmes. « Democracy Dies in Darkness », « La démocratie meurt dans l’obscurité » : nous reprenions alors le slogan du Washington Post pour souligner l’importance d’informer et informer encore sur les extrêmes droites.
Le succès de la quarantaine d’enquêtes publiées en 2025 nous a incité à lancer une « saison 2 » de cette opération, avec des enquêtes déjà publiées et bien d’autres qui le seront d’ici la fin de l’année 2026.
Un appel à projet pour un journalisme debout et exigeant
Bousculant le calendrier traditionnel du FPL, nos instances (conseil d’administration et conseil stratégique) ont décidé de prolonger ces deux initiatives avec un appel à projets plus ambitieux lancé dès ce début du mois de septembre. « Présidentielle 2027 : six mois pour ne pas sombrer » : nous voulons financer un nouveau cycle d’enquêtes et de reportages sur l’extrême droite bien sûr, mais aussi sur la campagne électorale présidentielle et sa réception par la société française.
Le cadre de cet appel à projets est explicité ici. « Notre ambition est de faire que cette production d’enquêtes, de reportages, de récits vienne enrichir et parfois perturber une couverture plus classique de la campagne présidentielle. Sortir des sentiers battus et des points de passage obligés permettra de donner la pleine mesure de ce moment où la France menace de basculer dans un régime autoritaire et où de nombreuses personnes vont battre la campagne pour que cela n’arrive pas », peut-on dire en résumé.
Le compte à rebours est lancé. Nous avons besoin d’un journalisme exigeant, utile à la société.C’est pourquoi le FPL veut donner, dès maintenant, la capacité aux médias indépendants de construire une couverture éditoriale à la hauteur de l’urgence.
Nous aurons ensuite besoin de votre soutien, pendant notre campagne de financement qui démarre début octobre, pour financer cet appel à projets que nous espérons doter de 300.000 euros et plus. Notre promesse : que ces enquêtes et ces reportages soient publiés avant l’élection. Il nous reste six mois.
François Bonnet, président du FPL