La cour d’appel de Paris a suivi les demandes du parquet général et ordonné, jeudi 8 juillet, la relance des investigations sur les sources du média indépendant Disclose dans le cadre des révélations sur l’opération Sirli en Égypte. Le FPL renouvelle sa pleine solidarité à la journaliste d’investigation et l’équipe de Disclose.
Depuis cinq ans, l’État et le gouvernement s’obstinent contre Ariane Lavrilleux. Les moyens mobilisés pour traquer les sources de la journaliste de Disclose sont disproportionnés : elle a été mise sous surveillance, écoutée et traquée dans ses déplacements, a vu son appartement perquisitionné et a subi une garde à vue de 39 heures.
Aujourd’hui, avec cette décision de la cour d’appel de Paris, Ariane Lavrilleux pourrait être mise en examen. Quand bien même celle-ci avait bénéficié d’un non-lieu en octobre 2025 et que la juge d’instruction avait alors estimé que les articles et les informations révélées relevaient de « l’intérêt général ».
Autre conséquence de cette décision : les autres co-signataires des enquêtes publiées en 2011 sur les ventes d’armes de la France à l’étranger, et en particulier à l’Égypte, pourront, eux aussi être auditionnés dans le cadre de cette réouverture de l’instruction.
« Je suis en colère parce que cette relance de la traque de nos sources vise à faire peur à tous les lanceurs d’alerte, qui nous aident à faire émerger des informations cruciales. […] C’est un moment important pour redire notre détermination à enquêter. Pour pouvoir continuer notre travail, cela nécessite une mobilisation de la société, des médias, des ONG pour défendre ce qu’on a de plus précieux : la liberté de la presse », a annoncé la journaliste Ariane Lavrilleux lors d’une conférence de presse à Paris ce jeudi 9 juillet.
Le droit à l’information en danger
Il ne s’agit pas seulement de l’affaire de Disclose, mais de celle d’une attaque contre le secret des sources dont bénéficient les journalistes et le droit à l’information, qui n’est pas une faveur accordée aux citoyen·nes, mais un pilier de notre démocratie.
Les informations révélées par l’équipe de Disclose sont d’intérêt public. Il s’agit d’une nouvelle tentative d’intimidation des journalistes et de leurs sources. Nous répétons ce que nous disions déjà en 2025 : il faut « défendre la liberté d’enquêter sur tous les sujets, y compris ceux qui dérangent le pouvoir. Défendre la liberté de la presse, c’est garantir le droit de savoir de toutes et tous. »
Le FPL se joint naturellement à l’appel à une mobilisation contre la « traque des sources » des journalistes porté par Disclose et Reporters sans frontières (RSF).
Depuis le début de cette affaire, le FPL soutient Ariane Lavrilleux. En janvier 2025, nous avions, avec plusieurs organisations, appelé à une mobilisation devant le tribunal de Paris, adressé une lettre commune au Premier ministre et aux ministres de la Culture, de l’Intérieur, de la Justice et des Armées, afin de demander des garanties sur la protection du secret des sources des journalistes et une réforme de la loi Dati de 2010. Cette mobilisation avait mené à une rencontre à Matignon en février 2025. Depuis, le pouvoir n’a rien fait et oublié cet engagement de mieux protéger le secret des sources.